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Ostéonécrose de la hanche : refus du CRRMP et recours

Un assuré atteint d’une ostéonécrose de la hanche voit sa demande de reconnaissance en maladie professionnelle rejetée après un avis défavorable du CRRMP. Son épouse cherche un médecin expert indépendant pour évaluer si le lien avec le travail peut être médicalement défendu.

Témoignage anonymisé. Les noms et données permettant d’identifier la famille ne sont pas publiés. La décision CPAM est datée du 2 juin 2026, mais la date de notification n’est pas connue.

Luc Morin
Luc Morin — Droit du Travail

Analyse des droits et recours des assurés.

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Le témoignage : ostéonécrose de la hanche et avis défavorable du CRRMP

Une épouse indique que la demande de maladie professionnelle de son mari a été rejetée, le CRRMP n’ayant pas retenu de lien direct et essentiel avec son activité. Après consultation du dossier CPAM, la famille souhaite un avis médical indépendant pour apprécier la solidité d’une contestation. La décision est datée du 2 juin 2026 et mentionne un recours devant la commission de recours amiable (CRA) dans les deux mois.

Vidéo de Pierre Arthur : comment réagir après un refus du CRRMP ?

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Bonjour, ici Pierre Arthur. Aujourd’hui, nous parlons d’une maladie grave et d’un refus de reconnaissance professionnelle : l’ostéonécrose de la hanche. Une épouse nous écrit parce que le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, le CRRMP, n’a pas retenu le lien direct et essentiel entre la maladie de son mari et son activité professionnelle.

La famille a obtenu le dossier transmis par la CPAM. Elle souhaite maintenant consulter un médecin indépendant, non pas pour obtenir une promesse de reconnaissance, mais pour savoir si le dossier est médicalement défendable. C’est une démarche pertinente à condition de bien distinguer les rôles de chacun.

Premier point : qu’est-ce qu’un CRRMP ? Ce comité intervient dans certaines demandes de reconnaissance qui ne bénéficient pas automatiquement de la présomption attachée à un tableau de maladie professionnelle. Il étudie notamment les éléments médicaux et professionnels pour apprécier le lien avec le travail selon les critères légaux applicables.

Dans ce dossier, la formule rapportée est précise : le lien direct et essentiel n’a pas été retenu. Cela ne signifie pas nécessairement que la maladie est inexistante. Cela signifie que, dans le cadre de cette procédure, le comité n’a pas estimé établi le lien professionnel exigé.

Deuxième point : quelle décision contester ? Le CRRMP rend un avis. C’est la CPAM qui notifie la décision de refus à l’assuré. La famille indique que cette décision est datée du deux juin 2026 et mentionne un recours devant la commission de recours amiable, la CRA, dans un délai de deux mois.

Attention au calendrier. Nous sommes en novembre 2026. Si la notification a bien été reçue au mois de juin et qu’aucun recours n’a été engagé, le délai ordinaire peut être expiré. Il faut connaître la date réelle de notification, vérifier les mentions du courrier et rechercher la preuve d’un recours éventuellement déjà envoyé.

Troisième point : que peut apporter un médecin expert indépendant ? Il peut relire les comptes rendus, vérifier le diagnostic, étudier les causes médicales possibles de l’ostéonécrose et analyser la plausibilité d’un rôle de l’activité professionnelle. Il peut aussi identifier les lacunes du dossier et rédiger un avis motivé.

Mais un expert sérieux ne doit pas conclure d’avance. L’ostéonécrose de la hanche peut avoir plusieurs causes ou facteurs de risque. L’analyse doit notamment porter sur les antécédents, les traitements, les expositions professionnelles alléguées, la chronologie des symptômes et les connaissances médicales disponibles.

Quatrième point : le dossier professionnel est aussi important que le dossier médical. Quels travaux le mari effectuait-il ? Pendant combien d’années ? Quelles contraintes ou expositions sont invoquées ? Existe-t-il des fiches de poste, attestations, documents de prévention ou avis du médecin du travail ?

Il ne suffit pas d’affirmer que le travail était pénible. Il faut expliquer concrètement pourquoi les conditions de travail pourraient avoir contribué à la pathologie, puis confronter cette hypothèse aux autres causes possibles. L’expert indépendant doit travailler sur des faits vérifiables.

Cinquième point : comment choisir ce médecin ? Rechercher un praticien habitué à la médecine légale, à l’évaluation du dommage corporel ou aux dossiers de maladies professionnelles, et si possible compétent en pathologies ostéo-articulaires. Demander s’il connaît les procédures CRRMP et s’il accepte de rédiger un rapport argumenté.

Avant tout rendez-vous, exigez un devis : lecture du dossier, consultation, rapport écrit, éventuelle assistance. Les honoraires d’un médecin privé ne sont pas automatiquement remboursés. Vérifiez une éventuelle protection juridique et les conditions d’une aide juridictionnelle si une procédure judiciaire est engagée.

Sixième point : si le recours préalable a été exercé et que le litige arrive devant le pôle social du tribunal judiciaire, les règles de consultation d’un autre CRRMP peuvent entrer en jeu. Ce mécanisme judiciaire ne doit pas être confondu avec la simple commande d’un rapport médical privé.

Il faut donc construire une stratégie en deux temps : d’abord la recevabilité du recours, ensuite sa solidité médicale. Un excellent rapport d’expert ne répare pas automatiquement un délai expiré. Et un recours déposé à temps ne suffit pas sans éléments convaincants sur le lien avec le travail.

Pour cette famille, ma recommandation est de réunir immédiatement la décision, la preuve de notification, l’avis du CRRMP, les pièces transmises à ce comité et les documents médicaux. Puis de demander un examen juridique du calendrier et un avis médical indépendant ciblé.

Un refus du CRRMP mérite une analyse rigoureuse, pas une promesse de victoire. Comprenez la motivation, vérifiez les délais, choisissez un professionnel compétent et défendez chaque argument avec des preuves. Défendez-vous !

L’analyse de Luc Morin : l’avis du CRRMP n’est pas la décision CPAM

La décision contestable est celle notifiée par la CPAM après l’avis du CRRMP. Le dossier doit être apprécié à deux niveaux : la recevabilité du recours et les éléments médicaux et professionnels susceptibles d’établir le lien direct et essentiel exigé. Un avis médical privé peut éclairer le second point, mais ne règle pas automatiquement le premier.

Le délai de deux mois : vigilance sur la notification du 2 juin 2026

La date du 2 juin 2026 est celle de la décision rapportée, pas nécessairement celle de sa réception. En novembre 2026, un recours préalable qui n’aurait pas été exercé dans les deux mois suivant une notification régulière de juin serait en principe tardif. Il faut rechercher l’accusé de réception, les mentions des voies et délais de recours et tout recours déjà déposé avant de tirer une conclusion.

Tableau des démarches

DémarcheObjectifDocument indispensable
Vérifier la notification CPAMDéterminer le point de départ du délai et la recevabilitéDécision du 2 juin 2026, preuve de réception et recours éventuel
Analyser l’avis CRRMPComprendre pourquoi le lien direct et essentiel n’a pas été retenuAvis et dossier communiqué au comité
Consulter un médecin indépendantÉvaluer les arguments médicaux, les causes alternatives et les preuves manquantesDossier médical complet et chronologie
Documenter le travailPréciser les expositions alléguées et leur duréeFiches de poste, attestations, documents de prévention
Étudier la voie judiciaireVérifier la suite du recours et l’éventuelle consultation d’un autre CRRMPDécisions CRA, notifications et pièces de procédure

Comment choisir un médecin expert indépendant ?

Demander une compétence documentée en maladies professionnelles, médecine légale ou dommage corporel, et en pathologies ostéo-articulaires. Vérifier que le professionnel accepte une analyse contradictoire des facteurs de risque de l’ostéonécrose et connaît le fonctionnement des CRRMP. Obtenir un devis écrit précisant consultation, étude des pièces, rapport et éventuelle assistance. Une consultation privée n’est pas automatiquement prise en charge.

FAQ

Le CRRMP a-t-il refusé la maladie elle-même ? Non. Le refus rapporté concerne la reconnaissance de son origine professionnelle, faute de lien direct et essentiel retenu.

Un médecin indépendant peut-il annuler l’avis du CRRMP ? Non. Il peut produire une analyse argumentée, utile à un recours recevable, mais ne remplace ni le comité ni le juge.

Le délai de deux mois est-il forcément expiré ? Pas possible de l’affirmer sans la date de notification, les mentions du courrier et l’historique des recours. Une décision datée de juin 2026 impose néanmoins une vérification urgente en novembre.

Un second CRRMP peut-il intervenir ? Dans le cadre d’un contentieux judiciaire relatif à une reconnaissance après avis d’un CRRMP, le tribunal peut être amené à recueillir l’avis d’un autre comité selon les règles applicables. Ce n’est pas une simple contre-expertise privée.

Une protection juridique peut-elle financer l’expert ? Parfois, selon le contrat, ses exclusions et plafonds. Demander un accord écrit avant d’engager des frais.

Pour aller plus loin

Sources et accompagnement

Consulter l’article L.461-1 du Code de la sécurité sociale et les informations de l’Assurance maladie sur les contestations. Pour une étude personnalisée du délai et des voies de recours, demander une orientation juridique.

Ce contenu ne préjuge ni de la recevabilité d’un recours, ni du lien causal entre l’activité professionnelle et l’ostéonécrose.

Cas concret associé : Dépression et refus CRRMP à La Réunion : expertise psychiatrique et recours.