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Qu’est-ce que la faute inexcusable de l’employeur ?

La réponse en bref

La faute inexcusable peut être reconnue lorsque l’employeur connaissait, ou devait connaître, le danger auquel le salarié était exposé et n’a pas pris les mesures nécessaires pour le protéger. Elle concerne les accidents du travail et les maladies professionnelles et peut ouvrir droit à une indemnisation complémentaire. La gravité des blessures ne suffit pas à la démontrer.

Luc Morin, auteur de la page

Auteur de la page

Luc Morin
Ancien inspecteur d’assurances, expert d’assurance et expert d’assuré.

Découvrir son parcours et l’équipe du portail

Mise en garde de l’inspecteur

La faute inexcusable n’est pas une notion évidente. Certaines victimes ne pensent même pas à faire examiner cette possibilité. À mes yeux, elle reste aussi méconnue du grand public que l’aléa thérapeutique en droit médical. Ce sont pourtant deux mécanismes différents : cette comparaison souligne seulement combien ces notions peuvent échapper aux personnes concernées.

« Le fait que l’employeur ait pris des précautions ne suffit pas, à lui seul, à écarter une faute inexcusable. »

Luc Morin — commentaire éditorial du Portail des Assurés.

Le point à examiner : les protections étaient-elles adaptées et réellement efficaces ? Un équipement annoncé ou une consigne écrite ne répond pas à toute la question.

Un exemple récent : un cancer lié à l’amiante

Dans un arrêt du 29 janvier 2026, un ancien salarié atteint d’un cancer broncho-pulmonaire reconnu comme maladie professionnelle était décédé. Sa veuve demandait la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur. Celui-ci connaissait le danger de l’amiante et invoquait des mesures de protection.

La Cour de cassation a annulé le rejet de la demande : les juges auraient dû rechercher si ces mesures étaient suffisantes et efficaces. En langage simple : annoncer des précautions ne répond pas à toute la question ; il faut examiner ce qu’elles protégeaient réellement. La Cour n’a pas reconnu définitivement la faute : elle a renvoyé l’affaire pour qu’elle soit rejugée.

« Faire examiner chaque situation, sans supposer d’avance qu’un recours est impossible ou forcément fondé. »

Luc Morin — conseil du Portail des Assurés.

Préparez les faits et les pièces avant de faire examiner votre situation par un avocat.

L’intérêt pour la victime ? Si une faute inexcusable est reconnue, elle peut ouvrir droit à une indemnisation complémentaire à celle du régime habituel des accidents du travail et maladies professionnelles : majoration de la rente ou du capital et réparation de préjudices supplémentaires, selon les règles applicables au dossier.

Commentaire de Luc Morin. Référence : Cour de cassation, 2e chambre civile, 29 janvier 2026, n° 24-12.938 et 24-13.183.

Santé et droits au travail · Informations vérifiées le 9 octobre 2026

Quelles conditions faut-il réunir ?

Trois questions pour préparer votre dossier

Luc Morin propose trois questions pour préparer l’examen du dossier : quel danger existait ? Quelles protections ont réellement été mises en place ? Quelles pièces permettent de le démontrer ? Ces questions préparent l’échange avec votre avocat ; elles ne permettent pas, à elles seules, de conclure.

La faute inexcusable ne suppose pas que l’employeur ait voulu blesser le salarié. Il faut examiner sa connaissance du danger et les mesures nécessaires pour en préserver le salarié.

Point à examinerQuestion à poserÉléments utiles
Le caractère professionnelLe dommage relève-t-il d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle ?Décisions de la caisse, déclaration et certificats
La connaissance du dangerL’employeur savait-il, ou devait-il savoir, que ce risque existait ?Signalements, incidents antérieurs, évaluation des risques
Les mesures de protectionLes mesures nécessaires avaient-elles été prises ?Formation, consignes, équipements, organisation et entretien

À lire également : Licenciement pour inaptitude : procédure, reclassement, droits et indemnités.

À lire également : Harcèlement moral et faute inexcusable : quels liens possibles ?.

Un accident reconnu par la caisse n’entraîne pas automatiquement la reconnaissance d’une faute inexcusable. Ce sont deux questions distinctes. En principe, le salarié doit établir cette faute ; certaines situations bénéficient de présomptions légales.

Astuces de l’inspecteur : à savoir

Avant de vous dire « je ne pourrai jamais le prouver », je vous conseille de vérifier deux choses. Dans certaines situations, la loi vous facilite la tâche.

  • Vous aviez déjà signalé le danger ? Si vous-même ou un représentant du personnel au CSE aviez prévenu l’employeur du risque qui s’est ensuite réalisé, le bénéfice de la faute inexcusable est de droit. Gardez les courriels, courriers ou témoignages : il faut pouvoir établir cette alerte et montrer qu’elle concernait bien ce risque.
  • Vous étiez en CDD, intérimaire ou stagiaire sur un poste à risques particuliers ? Si vous n’avez pas reçu la formation renforcée à la sécurité prévue pour ce poste, la faute inexcusable est présumée. Ce n’est pas un détail : parlez-en à votre avocat.

Mon autre conseil : ne laissez pas passer le délai. Il est en principe de deux ans, mais ne comptez pas automatiquement depuis la fin des soins. Pour un accident, les dates de l’accident et de la fin des indemnités journalières comptent notamment. Pour une maladie professionnelle, la date à laquelle un médecin vous a informé du lien possible avec le travail est un repère important.

Certaines démarches peuvent interrompre ce délai, notamment une action pour faire reconnaître le caractère professionnel du dommage ou une action pénale pour les mêmes faits. Faites vérifier vos dates et vos démarches par votre avocat, sans attendre la consolidation. C’est un point à clarifier dès le premier échange.

Luc Morin — ancien inspecteur d’assurances. Repères : article L. 4131-4, article L. 4154-3 du Code du travail et article L. 431-2 du Code de la Sécurité sociale.

Comment préparer les éléments de preuve ?

Partez de votre situation réelle. Écrivez une chronologie : poste, tâche, danger, protections disponibles et circonstances de l’accident. Distinguez vos constatations des informations rapportées par d’autres personnes.

  • Conservez les décisions de la caisse et les documents médicaux.
  • Rassemblez les courriels de signalement, consignes et documents de formation dont vous disposez.
  • Identifiez les témoins et les éventuels incidents similaires.
  • Notez les équipements fournis et les conditions réelles d’utilisation.

Votre avocat apprécie la portée des pièces et les demandes de documents à effectuer.

« Les documents médicaux décrivent le dommage ; ils ne démontrent pas, à eux seuls, le manquement de l’employeur. »

Luc Morin — repère de lecture du Portail des Assurés.

Quelle indemnisation peut-on obtenir ?

La reconnaissance de la faute inexcusable peut permettre une majoration de la rente ou du capital et la réparation de préjudices supplémentaires. L’article L. 452-3 vise notamment les souffrances physiques et morales, les préjudices esthétiques et d’agrément ainsi que la perte de possibilités de promotion professionnelle.

Le conseil du Portail des Assurés : séparez les droits avant de comparer les montants. Rente, taux d’incapacité et préjudices répondent à des questions différentes. Chaque demande dépend des séquelles, des justificatifs et du régime applicable. Aucun montant unique ne découle de la seule reconnaissance d’une faute inexcusable.

Repère de date : une nouvelle version de l’article L. 452-3 est prévue à compter du 1er novembre 2026. Le régime applicable à un dossier doit être vérifié avant de chiffrer les demandes.

À qui s’adresser et dans quel délai ?

Vous pouvez solliciter votre caisse pour une tentative d’accord amiable ou saisir le pôle social du tribunal judiciaire. Il ne s’agit pas d’une procédure devant le conseil de prud’hommes.

Le délai est en principe de deux ans, mais son point de départ et les causes d’interruption doivent être vérifiés selon les événements du dossier. N’attendez pas une expertise ou la fin des soins pour faire examiner cette question.

Vous pouvez choisir votre avocat ou, si vous le préférez, vous rapprocher d’un avocat référencé sur le Portail des Assurés, en vérifiant sa pratique des accidents du travail et du droit de la Sécurité sociale. Son rôle est aussi de vous expliquer les étapes pour vous permettre de mieux maîtriser votre dossier.

À quoi sert une expertise médicale ?

Lorsqu’une expertise est ordonnée, le médecin répond aux questions médicales définies par le juge : séquelles, conséquences et préjudices à évaluer. Elle ne remplace pas la démonstration des conditions de la faute inexcusable.

Pour préparer cet échange, le Portail des Assurés vous conseille de décrire votre quotidien : ce que vous faisiez avant, ce qui est devenu difficile et l’aide nécessaire. Joignez les documents médicaux utiles. Avec votre avocat, examinez l’intérêt d’un médecin-conseil de victimes.

L’employeur peut-il être assuré ?

Oui. Le Code de la Sécurité sociale autorise l’assurance des conséquences financières de la faute inexcusable de l’employeur. La mobilisation de l’assurance dépend du contrat. L’existence d’un assureur ne dispense pas d’établir les conditions de la responsabilité.

Peut-on transiger les conséquences de la faute inexcusable avec l’employeur et/ou son assureur ?

Avis de l’inspecteur

Oui, après reconnaissance de la faute inexcusable, une transaction peut fixer le montant des préjudices indemnisables avec l’employeur et, selon les garanties du contrat, son assureur. Elle doit respecter les droits légaux de la victime : négocier le montant des réparations ne revient pas à abandonner le principe de ces droits.

La CPAM doit être associée au règlement amiable prévu par l’article L. 452-4 du Code de la Sécurité sociale, qui envisage un accord entre la caisse, la victime ou ses ayants droit et l’employeur.

Mon conseil : faites examiner le projet par votre avocat avant de signer, pour comprendre les préjudices réglés, la portée des clauses et les conséquences sur la suite du dossier.

Luc Morin — avis d’ancien inspecteur d’assurances. Repère juridique : Cour de cassation, 12 mars 2015, n° 14-12.537, sur la transaction portant sur le montant des préjudices et non sur le principe des droits.

Ces quatre exemples sont adaptés de demandes reçues. Identités et détails identifiants ont été supprimés ou remaniés ; les réponses sont rédigées pour cette page.

Question reçue : puis-je négocier une rupture conventionnelle après un accident ?

La question, reformulée

« Je suis en arrêt prolongé après un accident survenu pendant un déplacement vers une formation organisée par mon employeur. Une inaptitude est évoquée. Je travaille depuis plusieurs années dans l’entreprise et j’envisage une rupture conventionnelle, tout en me demandant si une faute inexcusable pourrait être recherchée. Quel montant puis-je demander et mon arrêt compte-t-il dans mon ancienneté ? »

La réponse du Portail des Assurés

Il faut d’abord clarifier la qualification de l’accident. Un déplacement vers une formation ne permet pas, à lui seul, de conclure à un accident du travail ou de trajet. Les conditions du déplacement, les instructions de l’employeur et la décision de la caisse doivent être examinées. Cette distinction peut modifier les droits liés à la rupture et l’analyse d’une éventuelle faute inexcusable.

Aucun montant fiable ne peut être calculé avec ces seules informations. Il manque notamment le salaire de référence, les dates exactes, la convention collective et l’ancienneté à retenir. L’indemnité de rupture conventionnelle respecte un minimum applicable ; une somme supérieure se négocie et ne peut pas être imposée unilatéralement. La rupture suppose l’accord libre des deux parties.

Pour un accident du travail autre qu’un accident de trajet, les périodes de suspension du contrat sont prises en compte pour les avantages liés à l’ancienneté. Il faut donc vérifier la qualification de l’arrêt avant d’écarter ces années du calcul.

Comparez les conséquences d’une rupture conventionnelle avec celles d’un éventuel licenciement pour inaptitude. En CDI, lorsque le régime de l’inaptitude d’origine professionnelle s’applique, des indemnités spécifiques peuvent être dues : notamment une indemnité spéciale au moins égale au double de l’indemnité légale et une indemnité d’un montant égal au préavis, sous les conditions prévues par les textes. Ces droits ne sont pas automatiquement ceux d’une rupture conventionnelle.

L’inaptitude au poste relève du médecin du travail ; la CPAM intervient notamment sur la consolidation et l’incapacité permanente. La fin des soins, l’inaptitude et le licenciement ne constituent donc pas une seule décision automatique. Une recherche de reclassement peut être nécessaire.

À elles seules, les circonstances décrites ne permettent pas de dire s’il y a eu faute inexcusable ou non. Cette possibilité mérite d’être examinée si, par exemple, les conditions du déplacement vous exposaient à un risque anormal dont l’employeur avait, ou aurait dû avoir, conscience, sans avoir pris les mesures nécessaires pour vous protéger. Il faut toutefois distinguer un déplacement professionnel relevant de l’accident du travail d’un accident de trajet au sens de la Sécurité sociale : ce dernier n’ouvre pas droit à la reconnaissance d’une faute inexcusable de l’employeur.

Faites également examiner toute convention de rupture ou transaction proposée et ses conséquences sur les recours envisagés avant de signer.

Choisissez librement votre avocat. Vous pouvez aussi demander au Portail une mise en contact pour un premier avis gratuit proposé par un avocat participant, selon les modalités confirmées avant l’entretien. Vous examinerez les recours et l’utilité d’un accompagnement ; les prestations suivantes et leurs honoraires sont convenus avec lui.

Sources : rupture conventionnelle ; indemnités en cas d’inaptitude ; inaptitude et reclassement ; article L. 1226-7 du Code du travail ; simulateur officiel de rupture conventionnelle. Réponse générale, sans examen des pièces du dossier.

Question reçue : quel médecin choisir pour être accompagné à l’expertise ?

La question, reformulée

« Une maladie professionnelle a été reconnue et mon avocat a engagé une procédure pour faire reconnaître la faute inexcusable de mon employeur. Une expertise pourrait ensuite être ordonnée. Mes troubles ont des conséquences importantes sur mon quotidien et je souhaite être accompagné. À quoi sert un médecin-conseil de victimes, comment le choisir et combien coûte son intervention ? »

La réponse du Portail des Assurés

Le médecin-conseil de victimes et l’avocat ont des rôles complémentaires. Le premier prépare les aspects médicaux de votre dossier et peut vous assister à l’expertise : il aide à décrire les séquelles, leurs répercussions et les besoins d’aide. L’avocat traite les questions juridiques, la procédure et les demandes d’indemnisation, en s’appuyant sur les éléments médicaux. Le médecin-conseil que vous choisissez ne remplace pas l’expert désigné par le juge.

Vous pouvez trouver des informations et des possibilités d’orientation vers des médecins de victimes sur le site de l’AVF, dans la rubrique consacrée aux médecins-conseils de victimes.

Privilégiez, si cela vous convient, un médecin-conseil avec lequel votre avocat travaille habituellement. Leur coordination est utile, à condition que le médecin connaisse les troubles concernés et cette matière. Vous restez libre de votre choix.

Les honoraires varient selon la mission. Demandez un devis écrit précisant la préparation, la présence à l’expertise, les déplacements et les éventuelles observations après le rapport. Une prise en charge par une protection juridique ou un remboursement éventuel doit être vérifié dans votre situation ; il ne faut pas le considérer comme automatique.

La faute inexcusable étant encore en cours d’examen, distinguez sa reconnaissance de l’évaluation des préjudices.

Pour approfondir : AVF — complémentarité entre avocat et médecin de victimes ; honoraires du médecin-conseil. Réponse générale, à adapter avec les professionnels qui connaissent votre dossier.

Question reçue : un médecin peut-il éclairer les conséquences d’une absence de suivi au travail ?

La question, reformulée

« Après plusieurs années dans un poste comportant des gestes répétitifs, j’ai été opéré et je garde des complications importantes. Je n’ai, à ma connaissance, pas bénéficié du suivi médical au travail attendu. Une inaptitude a été prononcée et mon avocat prépare une procédure pour faute inexcusable. Un médecin expert peut-il dire si un suivi plus précoce aurait permis d’éviter l’opération ou ses conséquences ? »

La réponse du Portail des Assurés

Un médecin-conseil de victimes peut examiner cette question, mais il ne peut pas garantir à l’avance la conclusion recherchée. Il faudra étudier le dossier médical, l’évolution des symptômes, les gestes professionnels et les possibilités de prévention ou d’adaptation du poste.

Distinguez le lien entre travail et maladie, l’intérêt possible d’un suivi plus précoce et le lien entre ce défaut de suivi et les complications opératoires. Ce dernier lien ne peut pas être présumé.

À elles seules, l’absence alléguée de visites et l’existence de complications ne permettent pas de conclure à une faute inexcusable. Votre avocat devra notamment examiner les obligations de suivi applicables à l’époque, le caractère professionnel de la maladie, la connaissance du danger par l’employeur et les mesures de protection prises. L’avis d’inaptitude ne démontre pas, à lui seul, ces éléments.

Le médecin analyse les liens médicaux possibles ; l’avocat en examine la portée juridique. Un certificat ne remplace pas l’ensemble des preuves ni l’expertise judiciaire éventuellement ordonnée.

Parlez avec votre avocat du choix d’un médecin-conseil habitué à travailler avec lui. Vous pouvez aussi consulter les informations de l’AVF ; vous restez libre de votre choix.

Préparez les comptes rendus opératoires, les consultations avant et après l’intervention, les examens, les documents du service de prévention et de santé au travail ainsi qu’une description précise des tâches et des symptômes dans le temps. Demandez un devis écrit pour l’analyse et l’éventuelle assistance à l’expertise.

Repères : critères de la faute inexcusable ; complémentarité entre avocat et médecin-conseil. Réponse générale, sans analyse du dossier médical ni conclusion sur les responsabilités.

Question reçue : comment comprendre les taux et les préjudices mentionnés dans mon expertise ?

La question, reformulée

« Je perçois une rente après la reconnaissance d’une maladie professionnelle. La faute inexcusable de mon employeur a ensuite été reconnue et un expert a évalué plusieurs préjudices, avec des taux et des notes différents. Je ne comprends pas si ces évaluations vont modifier ma rente ni qui versera les indemnités. Comment m’y retrouver ? »

La réponse du Portail des Assurés

Nous supposons que vous êtes accompagné par un avocat. Demandez-lui ces explications : il connaît les décisions, la mission de l’expert et les demandes présentées.

Un rapport comporte souvent plusieurs notions qui ne se confondent pas : taux d’incapacité retenu pour la rente, déficit fonctionnel, souffrances endurées ou autres préjudices. Les notes et pourcentages ne s’additionnent pas simplement. Demandez à votre avocat de reprendre chaque poste avec vous, d’expliquer son effet éventuel sur vos droits et de préciser qui verse les sommes, selon quel mécanisme.

Si le vocabulaire ou la procédure vous impressionne, ou si vous hésitez à le solliciter, votre demande d’explications est légitime. Vous ne le dérangez pas en cherchant à comprendre les points importants de votre dossier. Prenez rendez-vous pour un échange consacré au rapport, avec vos questions préparées par écrit.

Faites équipe avec votre avocat. Il apporte l’analyse juridique ; vous connaissez les conséquences vécues. Signalez les omissions et les besoins mal décrits : vos informations peuvent compléter les demandes.

Vous devez pouvoir décider en connaissance de cause. Faites expliquer les options, les délais et les avantages ou incertitudes d’un recours ou d’un accord.

Pour préparer cet échange, vous pouvez lui poser trois questions simples : « Qu’est-ce que ce rapport change pour ma rente ? », « Quels préjudices allons-nous demander et comment seront-ils indemnisés ? » et « Quelles décisions dois-je prendre maintenant ? ».

Cette réponse vise à faciliter le dialogue avec l’avocat. Elle ne tranche pas l’effet du rapport sur la rente ni les modalités de paiement sans examen des décisions et des pièces.

Témoignage anonymisé : trouver un médecin-conseil de victimes après un burn-out reconnu

Question reçue d’un lecteur du Haut-Rhin, reformulée et anonymisée. La réponse ci-dessous est une orientation pédagogique rédigée par le Portail des Assurés, et non la reproduction d’une réponse individuelle envoyée au lecteur.

La question du lecteur

« La cour d’appel vient de statuer en faveur de la reconnaissance de ma maladie professionnelle et de la faute inexcusable de mon employeur, à la suite d’un burn-out et d’une dépression sévère. Un expert judiciaire a été désigné. Je cherche un médecin-conseil de victimes compétent en psychiatrie, notamment pour une dépression devenue chronique. Après cet épisode, j’ai aussi développé ou découvert plusieurs autres problèmes de santé. Comment trouver un praticien capable de m’assister à l’expertise et de faire examiner l’ensemble des conséquences médicales ? »

La réponse du Portail des Assurés

Votre priorité est de choisir un médecin-conseil de victimes indépendant, habitué aux expertises judiciaires et aux dossiers de souffrance psychique liée au travail. Selon les enjeux du dossier, il peut être utile qu’il travaille avec un psychiatre ou qu’il possède une expérience documentée de l’évaluation des troubles psychiatriques. Le médecin qui vous assiste est distinct de l’expert judiciaire nommé par la cour.

  1. Demandez à votre avocat le périmètre exact de la mission d’expertise, les dates et les modalités permettant à votre médecin-conseil d’y participer.
  2. Contactez plusieurs médecins-conseils de victimes en précisant qu’il s’agit d’une expertise judiciaire après reconnaissance d’une maladie professionnelle et d’une faute inexcusable, avec un volet psychiatrique important. Demandez leurs compétences, leur disponibilité et un devis écrit.
  3. Préparez un dossier chronologique : décisions judiciaires, certificats médicaux, comptes rendus psychiatriques, traitements, arrêts de travail et répercussions concrètes sur la vie quotidienne et professionnelle.
  4. Documentez séparément les autres pathologies avec les spécialistes concernés. Leur apparition après un burn-out ne suffit pas, à elle seule, à établir un lien de causalité ; cette question doit être examinée médicalement et dans les limites de la mission confiée à l’expert.
  5. Faites relire le rapport et les observations utiles par votre médecin-conseil et votre avocat, selon les règles et délais de la procédure.

Point de vigilance : la reconnaissance de la maladie professionnelle et de la faute inexcusable ne signifie pas que toutes les pathologies ultérieures seront automatiquement imputées au travail. L’expertise vise notamment à préciser les séquelles, leurs conséquences et, lorsqu’il y a lieu, les liens médicaux discutés.

Pour comprendre le rôle d’un praticien d’assistance, consultez les informations sur le médecin-conseil de victimes. Vous pouvez aussi consulter nos pages maladie professionnelle et avocats référencés en droit du travail. Le choix des professionnels reste libre.

Réponse générale sans accès au dossier médical, à l’arrêt d’appel ni à la mission de l’expert ; elle ne remplace pas un avis médical ou juridique individualisé.

Pour les troubles psychiques liés au travail : consultez aussi notre guide sur le burn-out, la maladie professionnelle et les possibilités d’indemnisation.

L’essentiel à retenir

  • Un accident du travail ne prouve pas automatiquement une faute inexcusable.
  • Le dossier doit établir le danger et l’insuffisance des mesures de protection.
  • L’indemnisation dépend des préjudices et du régime applicable.
  • Faites vérifier rapidement les délais et les pièces utiles.

Conclusion : comprendre avant d’engager les démarches

Préparez votre échange avec un avocat : les faits, les protections et les pièces. Faites ensuite examiner les possibilités de recours par un avocat de votre choix ou référencé sur le Portail. L’objectif est de comprendre vos droits et de décider avec des explications claires.

Auteur : Luc Morin, avec l’équipe du Portail des Assurés. Découvrir notre parcours et notre démarche. Informations générales ; aucune relecture par un avocat n’est revendiquée à ce stade.

Sources et liens utiles

Liens consultés le 9 octobre 2026. Pour un dossier individuel, vérifiez la version des textes applicable aux faits.

Les textes officiels

Les décisions citées

Pour préparer vos démarches