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Maladie professionnelle du coude : contester une expertise qui écarte une échographie

Lors d’une expertise médicale, un expert affirme qu’une atteinte du coude ne constitue pas une maladie professionnelle et refuse d’examiner une échographie réalisée par une rhumatologue. Comment contester ? Le fait qu’une affection figure dans un tableau de maladies professionnelles est important, mais les conditions médicales, professionnelles et administratives doivent aussi être examinées.

Témoignage anonymisé. Le numéro de téléphone du lecteur n’est pas publié. Le tableau concerné, la nature de l’expertise et la date de notification ne sont pas précisés.

Luc Morin
Luc Morin — Droit du Travail

Décryptage des droits des assurés et des recours.

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Le témoignage : une échographie du coude ignorée par l’expert

Un lecteur rapporte qu’au cours d’une expertise, le médecin aurait nié le caractère professionnel de sa maladie du coude, alors qu’il estime que cette affection figure dans un tableau de maladies professionnelles. Selon son récit, l’expert aurait refusé de prendre en compte l’échographie réalisée par sa rhumatologue.

Précaution : le témoignage ne permet pas de savoir s’il s’agit d’une expertise judiciaire, d’une évaluation par le service médical de l’Assurance maladie ou d’une expertise privée. Les recours ne sont pas les mêmes. De même, le simple fait qu’une pathologie apparaisse dans un tableau ne prouve pas que toutes ses conditions sont remplies.

Vidéo de Pierre Arthur : comment réagir à une expertise contestable ?

Script intégral de cinq minutes environ, prêt à enregistrer.

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Bonjour, ici Pierre Arthur. Aujourd’hui, un lecteur nous raconte qu’au cours d’une expertise médicale, un expert a affirmé que sa maladie du coude n’était pas professionnelle. Pourtant, selon lui, cette affection figure dans un tableau de maladies professionnelles. Il ajoute que l’expert a refusé de prendre en compte une échographie réalisée chez sa rhumatologue. Peut-on contester ? Oui, des recours existent, mais il faut d’abord identifier la procédure exacte.

Première question : de quelle expertise parle-t-on ? Est-ce une expertise ordonnée par un tribunal, une évaluation dans le cadre d’un dossier de caisse primaire d’assurance maladie, ou un avis médical privé ? Ce détail change tout. On ne conteste pas de la même manière un rapport judiciaire et une décision de refus de reconnaissance de maladie professionnelle notifiée par la CPAM.

Deuxième question : quelle affection du coude a été diagnostiquée ? Certaines atteintes périarticulaires du coude peuvent relever du tableau numéro 57 du régime général, selon les critères précis de ce tableau. Mais il ne suffit pas d’y reconnaître le nom de sa maladie. Il faut vérifier la désignation exacte de l’affection, les éventuels examens requis, les délais et les travaux habituellement effectués.

Prenons un exemple : pour certaines affections du coude, le tableau exige une confirmation par examen complémentaire, tandis que d’autres désignations reposent sur des critères différents. Le tableau applicable et sa version doivent être vérifiés avant toute conclusion. Nous ne connaissons ici ni le diagnostic précis ni le tableau invoqué : il serait donc imprudent d’affirmer que la reconnaissance est acquise.

Troisième question : pourquoi l’échographie de la rhumatologue a-t-elle été écartée ? Était-elle antérieure à l’expertise ? A-t-elle été remise à l’expert ? Son contenu était-il pertinent pour la maladie recherchée ? Le rapport mentionne-t-il son existence et explique-t-il pourquoi elle ne modifie pas l’avis ? Une pièce ignorée peut constituer un argument sérieux, mais pas automatiquement une nullité.

Demandez une copie du rapport, si vous pouvez y accéder dans le cadre de la procédure, puis relisez sa mission et ses conclusions. Faites une chronologie simple : date des symptômes, consultations, échographie, autres examens, déclaration de maladie professionnelle, décision de la caisse et date de l’expertise.

Quatrième étape : sollicitez un écrit de votre rhumatologue ou d’un médecin-conseil indépendant. L’objectif n’est pas seulement de répéter que l’échographie existe. Il faut expliquer précisément ce qu’elle montre, si les constatations correspondent à la maladie du tableau et pourquoi elles pourraient remettre en cause les conclusions de l’expert.

Cinquième étape : vérifiez la décision qui vous a été notifiée. Si la CPAM a refusé la reconnaissance et que le désaccord porte sur un point médical, un recours préalable devant la commission médicale de recours amiable, la CMRA, peut être requis. Si le litige porte sur des conditions administratives, la commission de recours amiable, la CRA, peut être compétente. La notification doit préciser les voies et délais.

Le délai habituel de recours préalable est de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. Ne confondez pas la date de l’expertise avec celle de la décision de la caisse. Et si l’expertise est judiciaire, parlez sans attendre à votre avocat : les observations, demandes de complément ou de nouvelle expertise obéissent aux règles fixées dans la procédure concernée.

Sixième étape : documentez votre activité professionnelle. Les gestes répétitifs du coude, la préhension, les efforts, les postures et les tâches réellement exercées peuvent compter dans l’examen des conditions d’un tableau. Une fiche de poste générale ne remplace pas toujours une description concrète du travail effectué.

N’envoyez pas votre dossier médical complet dans un commentaire public et ne publiez pas votre numéro de téléphone. Préparez plutôt un dossier confidentiel pour votre médecin-conseil et, si nécessaire, votre avocat. Conservez les originaux de vos examens et transmettez des copies dans les formes adaptées.

Enfin, distinguez une divergence médicale d’une irrégularité de procédure. Un expert peut discuter la portée d’une échographie ; en revanche, une omission inexpliquée d’une pièce importante mérite d’être soulevée de manière précise et documentée. Une contestation efficace s’appuie sur des arguments vérifiables, pas seulement sur le désaccord avec la conclusion.

Retenez donc quatre réflexes : identifier l’expertise, retrouver la décision notifiée, confronter le rapport aux critères exacts du tableau et obtenir un avis médical motivé sur l’échographie. Vérifiez le délai avant toute autre démarche. Et surtout, ne renoncez pas à faire examiner vos arguments. Défendez-vous !

L’analyse de Luc Morin : maladie inscrite au tableau et preuve médicale

Le tableau n° 57 du régime général vise plusieurs affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail, notamment des affections du coude. Pour bénéficier de la présomption d’origine professionnelle, il faut examiner l’ensemble des conditions du tableau applicable : maladie précisément désignée, délai de prise en charge et travaux concernés. Une échographie peut constituer une pièce importante, mais sa valeur dépend du diagnostic et des critères exigés pour l’affection concernée.

Quel recours selon la situation ?

SituationAction utilePoint de vigilance
Rapport d’expertise judiciaireObservations motivées par l’intermédiaire de l’avocat ; demande éventuelle de complément ou nouvelle expertiseRègles et calendrier de la procédure judiciaire
Décision CPAM contestée sur un point médicalVérifier la saisine préalable de la CMRAVoies et délais de la notification
Refus portant sur une condition administrative du tableauVérifier la compétence de la CRAMotif exact du refus
Échographie non examinéeProduire la pièce et un avis médical expliquant sa pertinenceNe pas présumer qu’une omission annule automatiquement l’expertise

Les cinq documents à réunir

  • Le rapport complet d’expertise et la mission confiée à l’expert, si accessibles
  • L’échographie du coude, son compte rendu et les éventuels examens complémentaires
  • Un certificat précis de la rhumatologue mentionnant le diagnostic
  • La décision de la CPAM et sa date de notification, si une décision a été prise
  • Une description des gestes, efforts et postures réellement effectués au travail

Questions fréquentes

Une maladie présente dans le tableau 57 est-elle automatiquement reconnue ? Non. Il faut vérifier la désignation médicale exacte et les autres conditions du tableau applicable.

L’expert peut-il écarter une échographie ? Il peut discuter sa portée médicale. Si une pièce pertinente a été omise ou écartée sans explication, il faut le signaler avec des arguments précis et un avis médical.

Quel délai pour contester un refus de la CPAM ? Généralement deux mois à compter de la notification de la décision, sous réserve des indications et règles applicables au dossier.

Faut-il demander une contre-expertise ? Cela dépend du type de procédure et des lacunes identifiées. Un complément ou des observations médicales motivées peuvent parfois être plus adaptés.

Articles connexes

Références officielles

Consulter l’article L.461-1 du Code de la sécurité sociale sur la reconnaissance des maladies professionnelles, le Code de la sécurité sociale et les voies de recours présentées par l’Assurance maladie. La version exacte du tableau 57 doit être vérifiée selon le régime et la date du dossier.

Information générale : seule l’analyse du rapport, du tableau exact et de la décision reçue permet de déterminer le recours approprié.

Le tableau 57 B distingue les tendinopathies du coude, les hygromas et le syndrome du nerf ulnaire. Les délais sont respectivement de 14 jours, de 7 ou 90 jours selon la forme de l’hygroma, et de 90 jours pour le syndrome du nerf ulnaire.

Source officielle : tableau 57 sur Légifrance. Pour les tendinopathies du coude, l’échographie peut appuyer le diagnostic clinique sans être systématiquement obligatoire. Pour la compression du nerf ulnaire, le tableau exige une électroneuromyographie (ENMG). Vérifier aussi les travaux et la version applicable.

Expert judiciaire : le rapport est un avis technique soumis au juge ; les observations et demandes de complément suivent la procédure judiciaire. Médecin-conseil : son avis médical ne constitue pas, à lui seul, une décision de la CPAM. CPAM : la notification formelle précise le motif du refus, les délais et les voies de recours ; CRA ou CMRA selon la nature du litige.

Cas concret : Refus de reconnaissance de maladie professionnelle à Pantin : les recours.