Une maladie professionnelle reconnue au titre du tableau 98 en 2021, une arthrodèse L5-S1, puis un refus de prise en charge au titre d’une rechute : quels recours contre la CPAM ? La réponse dépend notamment de la date de consolidation, du motif du refus et du lien médical entre l’intervention et la maladie reconnue.
Ce cas est anonymisé. Ni le nom ni les coordonnées de la personne ayant témoigné ne sont publiés.

Ancien inspecteur d’assurance. Analyse des recours et des droits.
Qui sommes-nous ? · Être accompagné par un avocatLe témoignage : arthrodèse L5-S1 et refus de rechute
Une lectrice explique que sa maladie professionnelle relevant du tableau n° 98 a été reconnue en 2021. Elle indique avoir subi une arthrodèse au niveau L5-S1 le 28 avril, sans préciser l’année de l’opération. Elle a ensuite demandé la reconnaissance d’une rechute de maladie professionnelle, mais la CPAM a refusé. Elle cherche à connaître les démarches possibles.
À ne pas confondre : une intervention sur le même étage vertébral que la maladie initiale ne suffit pas, à elle seule, à prouver une rechute imputable à cette maladie. À l’inverse, un refus n’établit pas nécessairement que l’opération lui est étrangère.
Vidéo de Pierre Arthur : comment contester le refus de la CPAM ?
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Bonjour, ici Pierre Arthur. Aujourd’hui, une lectrice explique que sa maladie professionnelle a été reconnue en 2021 au titre du tableau numéro 98. Elle a ensuite subi une arthrodèse au niveau L5-S1 et demandé la reconnaissance d’une rechute. La caisse primaire d’assurance maladie a refusé. Peut-elle contester cette décision ? Et surtout, quelles preuves faut-il réunir ?
Premier point : une maladie professionnelle reconnue en 2021 ne signifie pas que tous les soins ou toutes les opérations du dos seront automatiquement pris en charge au titre de cette maladie. Le tableau 98 concerne certaines affections chroniques du rachis lombaire liées notamment à la manutention de charges lourdes, dans les conditions prévues par le tableau. Il faut donc identifier précisément la maladie initialement reconnue.
Deuxième point : il faut connaître la date de consolidation, si elle existe, et le diagnostic ayant motivé l’arthrodèse. Une rechute correspond en principe à une aggravation de l’état lié à la maladie professionnelle après guérison apparente ou consolidation, nécessitant des soins. Une opération peut aussi poser la question de soins en lien avec les séquelles reconnues. La qualification exacte mérite d’être vérifiée avec le médecin.
Troisième point : le fait que l’opération concerne L5-S1 est un élément important, mais ce n’est pas une preuve suffisante. Le médecin doit expliquer si l’indication opératoire, les lésions traitées et leur évolution sont médicalement imputables à la maladie professionnelle de 2021. Les comptes rendus d’imagerie et le compte rendu opératoire seront particulièrement utiles.
Quatrième point : lisez attentivement la notification de refus de la CPAM. Est-ce un refus médical, parce que le médecin-conseil estime que les lésions ne sont pas imputables à la maladie reconnue ? Ou un refus administratif, lié à un autre motif ? Cette distinction détermine l’organisme à saisir pour contester.
Lorsque le litige porte sur une appréciation d’ordre médical, le recours préalable relève en principe de la commission médicale de recours amiable, la CMRA. Pour un litige administratif, c’est généralement la commission de recours amiable, la CRA. Les voies et délais de recours doivent être indiqués sur la notification. Le délai habituel est de deux mois, mais il faut vérifier votre décision exacte.
Ne laissez pas passer ce délai en attendant d’obtenir tous les examens ou un rendez-vous spécialisé. Faites rapidement vérifier la notification et, si nécessaire, préparez le recours dans les formes et délais applicables. Un avocat ou un professionnel compétent pourra vous aider à orienter la contestation.
Cinquième point : constituez un dossier médical chronologique. Il faut la décision de reconnaissance de la maladie professionnelle, le certificat de rechute, la date de consolidation, les imageries avant et après l’opération, le compte rendu de l’arthrodèse, les consultations du chirurgien et les certificats de suivi. L’enjeu est de comprendre la chaîne médicale qui relie, ou non, la maladie initiale à l’intervention.
Demandez au chirurgien et au médecin traitant un avis précis, s’ils peuvent le donner. Il ne s’agit pas de leur faire signer une phrase toute faite, mais de leur demander de décrire le diagnostic, la raison de l’arthrodèse, l’évolution et l’éventuel lien avec la pathologie déjà reconnue. Une expertise médicale indépendante peut être utile si l’imputabilité est contestée.
Autre distinction essentielle : une aggravation des séquelles peut aussi justifier de discuter le taux d’incapacité permanente, selon le dossier et les règles applicables. Ce n’est pas automatiquement la même procédure qu’une demande de prise en charge d’une rechute. Il faut donc demander ce qui a réellement été refusé : la rechute, les soins, ou une autre prestation.
La lectrice indique une opération le 28 avril sans préciser l’année. Impossible, donc, de calculer un délai à partir de cette seule information. La date qui compte pour le recours est notamment celle de la notification de refus et les indications qu’elle contient.
En résumé, retenez quatre actions : lire le motif du refus, vérifier immédiatement les voies et délais de recours, obtenir un avis médical motivé sur le lien entre l’arthrodèse et la maladie professionnelle reconnue, et choisir la bonne procédure. Un refus de la CPAM peut être contesté, mais le dossier doit être précis. Défendez-vous !
L’analyse de Luc Morin : la question de l’imputabilité médicale
Le tableau 98 concerne des affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes, sous conditions. La reconnaissance initiale en 2021 doit être distinguée de la preuve d’une rechute ultérieure. Pour l’arthrodèse L5-S1, il faut rapprocher le diagnostic opératoire, les examens d’imagerie et la maladie professionnelle précisément reconnue. Le compte rendu opératoire et un avis circonstancié du chirurgien peuvent être déterminants.
CRA ou CMRA : quel recours après un refus ?
| Motif de refus | Voie préalable généralement compétente | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Désaccord médical sur le lien entre la rechute et la maladie professionnelle | Commission médicale de recours amiable (CMRA) | Motif médical et modalités indiquées dans la notification |
| Litige de nature administrative | Commission de recours amiable (CRA) | Fondement administratif de la décision |
| Après le recours préalable obligatoire | Selon le cas, pôle social du tribunal judiciaire | Décision, notification et délais de saisine |
Délai : le recours préalable est généralement à former dans les deux mois suivant la notification de la décision contestée. Vérifiez impérativement les indications figurant sur le courrier reçu et la nature du litige. L’absence de date de notification dans le témoignage interdit de calculer une échéance personnelle.
Les documents à réunir avant de contester
- Décision de reconnaissance de la maladie professionnelle en 2021 et affection exacte du tableau 98
- Notification de refus de rechute et preuve de sa réception
- Certificat médical de rechute et éventuelle date de consolidation
- Compte rendu de l’arthrodèse L5-S1, imageries et consultations chirurgicales
- Certificats médicaux motivés sur le lien éventuel entre l’opération et la maladie reconnue
Exemple de démarche à adresser à la caisse
Dans un courrier daté, rappeler la décision contestée, son numéro de référence, la date de notification, la maladie professionnelle reconnue et le motif de contestation. Joindre les documents utiles, demander explicitement le réexamen et conserver une preuve d’envoi. La commission destinataire doit être celle indiquée par les voies de recours de la décision.
Questions fréquentes
L’opération au même niveau L5-S1 prouve-t-elle une rechute ? Non. C’est un indice à examiner, mais le lien médical doit être établi à partir du dossier et de l’indication opératoire.
La CPAM peut-elle refuser malgré une maladie professionnelle déjà reconnue ? Oui, si elle estime que l’aggravation ou les soins demandés ne sont pas imputables à cette maladie. La décision reste contestable dans les conditions applicables.
Faut-il une expertise indépendante ? Elle peut être utile lorsque le désaccord porte sur l’imputabilité médicale. Un avis précis du chirurgien et le dossier d’imagerie constituent souvent une première étape importante.
Et si le taux d’IPP s’est aggravé ? La révision éventuelle du taux d’incapacité permanente est une question distincte, à examiner en fonction des séquelles et de la procédure.
À lire également : recours et maladie professionnelle
- Rechute d’accident du travail : refus et recours CPAM
- Contester un refus de rechute après consolidation
- Maladie professionnelle : reconnaissance et droits
- Maladie professionnelle : consolidation et taux d’IPP
Références officielles
Consulter le Code de la sécurité sociale (notamment les dispositions relatives aux rechutes et aux recours), le Code de procédure civile lorsque pertinent, et les informations de l’Assurance maladie sur les voies de recours. Vérifier les textes et leur version applicable à la date de la décision.
Article d’information générale. Il ne remplace pas une analyse médicale et juridique du refus individuel.
Cas concret associé : Maladie professionnelle lombaire : taux d’IPP, aggravation et rechute.